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Mots globaux ou phonique : mon enfant doit-il mémoriser des mots ?

Tous les guidesComment on enseigne la lecture6 min

À retenir

  1. Mémoriser des mots entiers sur des cartes ne passe pas à l’échelle ; déchiffrer ouvre l’accès à des mots qu’un enfant n’a jamais vus.
  2. Une courte liste de mots irréguliers comme « said » et « was » s’apprend en partie globalement, en complément de la phonique.
  3. À la maison, encouragez d’abord le déchiffrage, évitez les exercices de vitesse, et faites confiance : la fluidité vient de beaucoup de lecture.
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Un « mot global » (sight word en anglais) est un mot que l’enfant reconnaît instantanément, sans le déchiffrer. L’idée tentante est de construire la lecture en mémorisant beaucoup de mots entiers sur des cartes.

Pour la plupart des mots, c’est la mauvaise stratégie : une langue compte bien trop de mots pour les mémoriser comme des formes.

Le moteur fiable de la lecture est le décodage : déchiffrer les mots grâce à la phonique. Pratiqué suffisamment, il transforme d’eux-mêmes les mots en mots reconnus automatiquement, par la lecture, pas par l’entraînement sur cartes.

Pourquoi la mémorisation seule ne suffit pas

Un enfant qui lit en mémorisant la forme des mots et en devinant d’après le contexte se heurte à un mur au moment où les livres deviennent plus difficiles et où les images n’aident plus. Il y a tout simplement trop de mots.

Le décodage, lui, est une compétence qui ouvre des mots que l’enfant n’a jamais vus.

C’est pourquoi le consensus de la recherche, et les écoles britanniques, placent la phonique systématique en premier.

La juste place des « mots outils irréguliers »

Il existe un petit ensemble de mots très courants qui ne suivent pas les règles habituelles : en anglais said, the, was, one, you ; en français, par exemple, « femme », « monsieur » ou « second ». On les appelle parfois mots irréguliers ou mots outils.

Les enfants apprennent à les lire en partie de vue, parce que les déchiffrer ne fonctionne pas entièrement.

Mais attention à l’échelle : il s’agit d’une courte liste d’exceptions fréquentes, enseignées en parallèle de la phonique, pas d’une stratégie de lecture en général.

Même pour ces mots, un bon enseignement montre la partie qui est régulière (« s-ai-d » en anglais, seul le milieu étant irrégulier).

Que faire à la maison

  • Commencez par les sons. Quand votre enfant rencontre un nouveau mot, encouragez-le à le déchiffrer d’abord.
  • N’entraînez pas des piles de cartes-éclair pour la vitesse : cela installe la mauvaise habitude et épuise le plaisir.
  • Travaillez en douceur la poignée de mots irréguliers que l’école envoie, en tant qu’exceptions.
  • Ayez confiance : la fluidité vient de beaucoup de lecture, pas de la mémorisation de listes de mots.

Questions fréquentes

Faut-il utiliser des cartes de mots globaux ?

La plupart du temps, non. Au-delà d’une courte liste de mots courants vraiment irréguliers, mémoriser des mots entiers ne passe pas à l’échelle et peut encourager la devinette. La phonique, déchiffrer les mots, est la compétence qui permet à l’enfant de lire seul des mots nouveaux.

Que sont les « mots irréguliers » ?

Un petit ensemble de mots très courants qui ne suivent pas les règles d’orthographe habituelles, comme « said », « the » et « was » en anglais. Les enfants les apprennent en partie de vue, en parallèle de la phonique, parce qu’on ne peut pas les déchiffrer entièrement.

Sources

  1. National Reading Panel, Teaching Children to ReadNational Institute of Child Health and Human Development (NICHD), 2000
  2. Jim Rose, Independent Review of the Teaching of Early ReadingUK Department for Education and Skills, 2006